Le corps, la carte et le geste

­1.

Images :

— 1. 2. Fernand Deligny (quelques cernes et lignes d’erre, radeaux d’après le désastre ),
— 3. 4. Constant Nieuwenhuys ( New Babylone , projet commencé en 1960),
— 5. Pétroglyphe du cadastre de Bedilona daté de 2100 av JC ,
— 6. 7. Guy Debord inter alia ( The Naked City , éditée en 1957 avec le Guide Psychogéographique de Paris. Discours sur les passions de l’amour  par le Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste puis dans l’ouvrage Pour la forme  d’Asger Jorn),
— 8. John Cage ( Water Walk , 1959),
— 9. 10. Jackson Pollock ( Cody/Wyoming 1912 – 1956 Springs-East Hampton/New York , et Number 1, Lavender Mist , 1950),
— 11. William De Koonig ( Excavation reproduction de Grenier , 1949),
— 12. Représentation d’un Rhizome selon Gilles Deleuze et Félix Guattari,
— 13. 14. 15. Trois clichés d’une angiographie coronarienne,
— 16. Robert Rauschenberg ( Half a Grandstand , 1987),
— 17. Hunain ibn Ishaq (première représentation de l’oeil élaborée entre 808-873 après JC),
— 18. Carte de notre galaxie, la Voie Lactée, et de son proche voisinage réalisée à l’aide du satellite Gaïa, 2018.

2.

1er mouvement  

C’était un corps à peine discernable sous le poids de ses intentions : étendu à même le sol, coupé en deux par une pénombre au niveau du thorax,bras droit replié sur la poitrine, suivant la ligne mamelonnaire, main gauche tendue vers l’avant, disparaissant dans l’ombre.La tête et les cheveux sont déjà happés par les nuages.Par là, une photographie de Pessoa tombée d’un livre, livre tombé d’un cartable, cartable tombé d’un bureau.

Corpoème se dissolvant dans une pièce, près d’une fenêtre,il était à-peine-là ; juste assez pour signifier qu’il était déjà parti. La vérité n’est dite que par ceux qui partent.

Un fragment d’une carte Africaine vue entre les allers-retours des uns,les appels sans retours des autres. Les radios crépitent.

La scène, prise dans son unité, faisait ressentir un vertige : celui de la pierre sourde qui, lancée dans un puits, n’en touche jamais le fond,ne fait jamais entendre sa fin ; n’en dit pas le nom.Comme le vertige d’exil.

Exil du dehors, quand tu longes la rue de Lyon, dans le 15e arrondissement, jusqu’au Vieux Port. Tu sais que là a résidé Arezki, Lahlou ou Lounis, qu’ils ont fabriqué du sucre à Saint Louis, qu’ils ont crevé à Nîmes lors de l’effondrement d’une mine.

Exil du dedans sur le boulevard des Douze…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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