Une fois que nous finissons de parler des mort·es, de tous ceux et de toutes celles qui ont sciemment été assassiné·es par l’armée coloniale israélienne, nous disons « sans parler des blessé·es ». Or il faut parler de ces personnes qui, elles, sont encore vivantes et dire ce qui les a blessées, dire quelle est la nature de leurs blessures. Au terme de 90 jours de massacre, par exemple, il a été estimé qu’Israël avait largué 45 000 bombes. Nous en sommes aujourd’hui [le 3 octobre] à 361 jours. Ces bombes, en plus de semer la mort, ont répandu la mutilation. La question du handicap, et plus largement de l’handicapement, est donc importante.
Le handicap n’est pas un effet connexe du massacre mais bien une finalité de la politique coloniale qui l’organise.
Jusqu’au 7 octobre, Gaza comptait près de 440 000 personnes handicapées, selon Danila Zizi, directrice de Handicap International pour la Palestine. Soit 21 % de la population totale. Depuis le 8 octobre, nous comptons près de 100 000 personnes blessées et nous pouvons déduire qu’une grande partie de ces personnes sont désormais handicapées. Le handicap n’est pas un effet connexe du massacre mais bien une finalité de la politique coloniale qui l’organise.
Sur le même sujet : À Gaza, l’effacement d’un peuple, par tous les moyens
Dans son ouvrage The Right to maim, la théoricienne Jasbir K. Puar associe le droit de tuer au droit de mutiler. Elle écrit que « le droit souverain de tuer, tout comme son éminence grise, le droit de mutiler, font partie d’une pratique délibérée d’affaiblissement d’une population donnée ». Ces procédés d’État sont caractéristiques d’une politique coloniale car ils visent à maintenir la population colonisée entre la vie…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Kaoutar Harchi

