Le courage ou le huis clos

Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Pio Marmaï et Pierre Niney. Le casting du nouveau Quentin Dupieux ? Plutôt la liste des acteurs qui ont été auditionnés par la commission d’enquête présidée par Sandrine Rousseau… et qui ont demandé à être entendus à huis clos pour « préserver leur image ». La table ronde réunissant les quatre premiers sera tout de même retranscrite et publiée par l’Assemblée nationale. À sa demande, la prise de parole de Pierre Niney ne fera même pas l’objet d’un compte rendu.

Aucun de ces cinq acteurs ne peut prétendre être concerné par cette loi du silence.

Si le huis clos a été choisi, pour des raisons évidentes, par certaines victimes, cette demande interroge lorsqu’elle est formulée par des acteurs en situation de domination. De quoi les hommes les plus bankables du cinéma français ont-ils peur ? Que risque-t-on à soutenir publiquement les victimes de violences sexuelles lorsqu’on a réalisé ou tourné dans les plus gros succès commerciaux de l’année ? Lorsqu’on a un Oscar ? Lorsqu’on a été l’acteur le mieux payé du pays ? Qui plus qu’eux est intouchable ?


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Le rapport rendu par la commission ne cesse de le souligner : la précarité mine le secteur du cinéma et entretient les non-dits. Aucun de ces cinq acteurs ne peut prétendre être concerné par cette loi du silence. Nombre de femmes qui ont été entendues par cette commission sont, elles, touchées de plein fouet par ces logiques de domination économique. Pourtant elles y sont allées. Elles se sont rendues à l’Assemblée nationale, se sont lancées dans des prises de parole filmées et…

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Auteur: Salomé Dionisi

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