Le coût d’un oukase

L’union fait la force. À ce qu’il paraît. Et si ce n’est pas toujours le cas, la désunion en revanche n’est jamais payante. Les élections sénatoriales de dimanche en offrent un nouvel exemple que les gauches et les écologistes devraient méditer. Cette élection réservée à un tout petit nombre de happy few – 78 000 électeurs dits « grands » par opposition aux quelque 48 millions d’autres qui ne comptent pour rien –, se déroulait dans 45 départements selon deux modes de scrutin : majoritaire à deux tours dans les 18 départements élisant un ou deux sénateurs, au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne ailleurs. Il s’agissait de renouveler 170 des 348 sénateurs de cette chambre conservatrice que Lionel Jospin avait fort justement qualifiée d’« anomalie démocratique » car « héritière des vieilles chambres aristocratiques ». Le résultat de dimanche ne le dément pas : 95 sénateurs sont réélus, la droite conserve une large majorité.

Et la gauche ? Hormis entre 2011 et 2014, elle n’y a jamais été majoritaire sous la Ve République, la composition du corps électoral lui étant défavorable. Le PS, le PCF et EELV espéraient toutefois passer la barre des 100 sièges, contre 91 précédemment. Leurs communiqués se félicitant d’avoir grappillé deux ou trois sièges ont quelque chose de ridicule si l’on veut bien se souvenir que la gauche en avait encore 151 en 2014, quand elle a perdu la majorité.


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D’autant que la gauche aurait pu renforcer davantage ses positions en s’unissant. Le PS, le PCF et EELV ont bien conclu un accord dans 15 départements. Mais le refus des deux premiers de faire droit aux insoumis, qui réclamaient modestement de faire entrer…

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Auteur: Michel Soudais

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