La pandémie a amplifié une tendance à la périurbanisation, notamment en Italie où la recherche de logements plus abordables et l’essor du télétravail ont favorisé une « évasion » des individus hors des pôles urbains. Des effets à court terme sont déjà visibles ; il reste à voir si ces dynamiques entraîneront des modifications durables des choix résidentiels.
Durant l’été 2020, comme l’ont souligné les géographes Aurélie Delage et Max Rousseau, dans bon nombre de pays d’Europe, les médias ont largement relayé l’idée selon laquelle la pandémie de Covid-19 avait provoqué un exode urbain massif.
Si le concept d’une renaissance rurale circulait déjà auparavant dans le cadre d’un discours anti-métropolitain ; le Covid-19 l’a amplifié. La période a été propice à des récits exaltant l’attrait de la vie paisible à la campagne en période de restrictions sanitaires, développés par divers médias (notamment la BBC, Reuters ou encore Bloomberg). Cette vision romantique a suscité, en France, des critiques illustrées par le hashtag #guillotine2020 qui dénonçait les privilèges des célébrités confinées. Cela n’a toutefois pas empêché le récit de l’exode urbain de persister.
Une vision que l’on retrouve aussi en Italie si bien qu’à écouter le discours ambiant, il pouvait sembler que n’importe qui avait, premièrement, la possibilité de quitter les villes pour déménager dans une résidence secondaire et, deuxièmement, la volonté et l’opportunité de rendre ce déménagement permanent.
Dans un article récemment publié dans la revue scientifique European Urban and Regional Studies, nous avons tenté de vérifier si cette rhétorique amplement relayée dans les médias était fondée.
La pandémie, catalyseur de la périurbanisation
Les résultats de notre enquête montrent que le début de la pandémie peut avoir initié de nouvelles dynamiques résidentielles qui se…
Auteur: Laura Silva, Post-doctorante en sociologie, Paris School of Economics, Sciences Po

