Le 17 mars 2020, à midi, la France s’arrêtait. Alors que le Covid se propageait, mettant en tension notre système de santé déjà fragile, Emmanuel Macron décrétait un confinement inédit. Un moment historique, « à la fois cataclysmique — d’un point de vue sanitaire, répressif, social — et plein d’espoir », résume Élodie Nace, alors militante au sein d’Alternatiba Paris.
On mesure encore mal ce qui s’est joué à l’époque, comme si la pandémie avait entériné la fin d’un cycle, comme si elle nous avait plongés dans un autre monde. « Il y a eu un avant et un après Covid », concède le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard.
L’arrêt brutal des marches climat
Rembobinons. À l’aube du confinement, le mouvement écologiste semblait à son apogée. « C’était l’âge d’or des marches et des grèves pour le climat, des actions de désobéissance civile, se rappelle l’activiste, jamais on n’avait autant parlé des questions climatiques. » Même souvenir, pour Nicolas Haeringer, de 350.org, de mobilisations « massives, avec une énergie puissante et l’idée qu’on allait réussir à enrayer la machine ».
La victoire paraissait alors à portée de main. En septembre 2019, plus de 7 millions de personnes défilaient dans les rues du monde entier, soit une des plus grandes mobilisations internationales jamais organisées.
La pandémie est venue stopper brutalement cette effervescence. « Ça a été une grosse baffe, dit Victor Vauquois, aujourd’hui membre de Terres de luttes. On a tous dû changer nos plans. » Fin des manifestations et des actions de masse, fermeture des lieux militants, repli sur soi. « Je me souviens d’une phase de sidération, dit Élodie Nace, qui participait alors à la gestion de La Base, un espace écologiste à Paris. Même si on a eu de nouveau des moments forts après, ça n’est jamais revenu pareil. » La Base a…
Auteur: Gaspard d’Allens, Lorène Lavocat

