« Quel crime a commis Agnès pour ressentir aujourd’hui l’impérieux besoin de se confier ? » : telle est l’entame de la quatrième de couverture de ce beau roman. On tique forcément sur la différence de vocabulaire, puisque le titre parle de se « confesser », pas de se « confier » : ce changement de registre, du religieux au laïc signale une faille qui ne va cesser de s’élargir, puisque tout au long du roman, la narratrice s’adresse à un homme non identifié, mais dont l’identité contient la réponse à la question posée au dos du bouquin.
Auprès de lui, elle tourne et retourne sa culpabilité pour ce crime qu’elle n’exposera qu’à la fin. Pour aller au bout de ce suspense habilement entretenu, il faudra accepter d’entrer dans le récit d’une vie à l’intérieur d’une communauté aux mœurs particulièrement répugnantes. Imaginez. Une communauté basée sur une foi religieuse radicalisée, une communauté endogamique qui pratique un séparatisme systématique à l’intérieur de la société française et par rapport à ses lois, doublé d’un prosélytisme par Internet s’appuyant sur les faiblesses psychologiques et la détresse des personnes qu’elle veut enrôler dans sa guerre sainte, une communauté qui pratique les prières de rue et qui considère les femmes comme des pondeuses, vous l’aurez reconnu, il s’agit des cathos tradi tendance Manif pour Tous. On pourrait hausser les épaules en ricanant que ce mouvement ne représente qu’une minorité sans influence, une survivance folklorique promise à l’extinction, s’il n’y avait pas huit ministres qui en sont proches dans le gouvernement actuel.
Cette communauté, Agnès coche toutes les cases pour en être une parfaite représentante : fille d’une famille nombreuse, père pharmacien qui refuse de vendre la pilule, mère qui éduque ses enfants dans la foi, avec force prières et histoires édifiantes, après des études…
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Auteur: dev

