Lorsqu’après la case prison et la vente de hot-dogs il a ouvert un restaurant de haute gastronomie à Saint Pétersbourg, Prigozhin savait qu’il offrait des arrières salles discrètes et un signe de distinction à la portée de tous les maffieux du régime.
En fin de soirée du 23 juin, Evgeny Prigozhin avait annoncé une rébellion militaire de Wagner, invoquant le « rétablissement de la justice dans l’armée ». Assurés de la passivité des gardes présents, ses mercenaires ont d’abord traversé la frontière russo-ukrainienne (malgré l’annexion formelle de la région de Louhansk, il y a encore des points de contrôle), puis ils ont facilement pris possession du quartier général du district militaire sud à Rostov, et – suprême offense militaire – deux responsables de très haut grade ont été filmés totalement désarmés, en treillis et sans leurs insignes (c’est-à-dire comme des prisonniers), assis aux côtés du chef en rébellion qui les apostrophe. Puis sa colonne, dirigée par son associé de longue date Alexey Dyumin, a rapidement avancé en direction de Moscou qui n’était plus qu’à cinq heures de route. Au bout de 24 heures, Prigozhin a subitement informé du revirement de ses troupes, une volte-face dont les tenants et aboutissants ne sont pas encore connus, la mascarade avec le Belarus Loukachenko ayant fait long feu. Reste une énigme incontournable : comment se fait-il que quinze jours après, Prigozhin soit encore en vie alors qu’il a violé la loi du clan et humilié le chef ? Des « négociations directes ou indirectes » seraient-elles encore en cours ?
« Zoom-Back Camera » :
Evgueni Prigozhin est né en 1961 à Leningrad. D’abord en 1979, puis finalement en octobre 1981, il est condamné à 12 ans de prison pour brigandage, escroquerie et incitation de mineurs à la prostitution. Gracié, il est libéré en 1990 et revient dans sa ville où il commence par vendre des hotdogs, prend des parts dans une chaîne de…
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Auteur: dev

