Le cul-de-sac Roussel

Le 40e congrès du Parti communiste français laisse une impression paradoxale. D’un côté, une direction reconduite largement autour de Fabien Roussel, renforçant une ligne de réaffirmation identitaire et l’hypothèse d’une candidature communiste en 2027. De l’autre, un appel signé par plus de 300 communistes qui place au centre une tout autre priorité : empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en reconstruisant dès maintenant une dynamique unitaire.

Depuis plusieurs années, la direction du PCF poursuit une stratégie de différenciation permanente, principalement construite contre La France insoumise.

Rarement un congrès aura donné à voir avec autant de netteté la contradiction qui traverse les communistes français. Au fond, le débat n’est pas celui d’un nom ou d’une candidature. Il est celui de la fonction historique du PCF. À quoi sert un parti qui se réclame d’une tradition révolutionnaire lorsque le principal danger politique est la possibilité d’un pays dirigé par l’extrême droite ? À témoigner de sa singularité ou à rendre possible une victoire collective ? La direction du PCF semble avoir choisi la première réponse. Depuis plusieurs années, elle poursuit une stratégie de différenciation permanente, principalement construite contre La France insoumise.


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Le paradoxe est cruel. Plus le PCF s’affaiblit électoralement, plus il fait de l’affirmation de son autonomie une fin en soi. L’histoire du communisme français raconte pourtant l’inverse. Les grandes séquences où le PCF a pesé ont été celles où il a su proposer un horizon majoritaire : le Front populaire, le Programme commun, ou encore le soutien à…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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