Dans une tribune récente, l’abbé Pierre Amar a plaidé pour qu’une place soit généreusement donnée aux « trados », comme il dit, dans l’Église. On ne peut qu’entendre avec bienveillance un tel propos, placé sous le signe du « todos » du pape François. Il reste à voir de plus près ce qu’il en est.
Il faut d’abord percevoir de qui il est question sous sa plume. D’abord, des traditionalistes en rupture de ban avec Rome. « Le mouvement initié par Mgr Lefebvre (…) trouve son fondement dans les abus et la brutalité avec laquelle certains ont appliqué la réforme liturgique au lendemain du concile Vatican II. » Or l’intégrisme catholique est bien antérieur ; en témoigne l’excursus que lui consacrait, en annexe de son grand livre Vraie et fausse réforme dans l’Église, le père Congar. C’était en 1950 : il n’était question ni de concile ni de réforme liturgique, encore moins d’abus en ce domaine. C’est donc que les causes sont autres que liturgiques.
La doctrine est concernée
Après le passé, le présent. « La Fraternité Saint-Pie-X n’a pas tort lorsqu’elle dénonce, en plus des innovations liturgiques, une certaine confusion doctrinale qui érode la clarté du message de la foi. » Dire que la Fraternité dénonce une « certaine confusion doctrinale », c’est un euphémisme, quand on a fréquenté sa littérature. Il doit plutôt s’agir ici du point de vue du père Amar. Il mériterait une explicitation.
En quoi y a-t-il « confusion » ? De la part de qui ? Cela vient-il de Vatican II, comme le soutient ladite Fraternité ? Qu’on ose le dire. Si cela vient de François (ce qui est alors visé est connu, à commencer par Amoris laetitia), qu’on le dise, y répondre sera possible. Mais cette notation est le signe, nous allons y revenir, que c’est la doctrine qui est en cause, et pas seulement la liturgie.
« À une époque où l’on accepte…
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