Les politiques antinatalistes mises en œuvre en Chine pendant 50 ans ont laissé des traces et le gouvernement chinois peine aujourd’hui à relancer la natalité. Le déclin de la population chinoise s’accélère.
Depuis trois ans, la population chinoise diminue, ce qui constitue une première depuis la Grande Famine de 1958-1961. Selon le dernier recensement, elle est passée de 1 413 milliard en 2021 à 1 408 milliard en 2024. Cette baisse s’explique par un taux de fécondité extrêmement faible, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations depuis plusieurs décennies.
Les projections des Nations unies estiment que la population chinoise pourrait passer sous la barre du milliard d’ici à 2070, et perdre entre 500 et 800 millions d’habitants d’ici à la fin du XXIe siècle selon les scénarios. Avec un solde migratoire négligeable, un vieillissement accéléré et un déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes lié à la préférence pour les naissances de garçons sous la politique de l’enfant unique, la situation démographique en Chine suscite bien des inquiétudes.
Les autorités chinoises craignent les conséquences économiques et sociales du déclin démographique, d’autant plus que, contrairement à l’Europe, la Chine a vieilli avant de devenir riche. Son PIB par habitant ne s’élève qu’à environ 40 % du PIB par habitant en France. La diminution de la population en âge de travailler pourrait entraver l’innovation, la productivité et la croissance, exacerber les pressions sur le système de protection sociale et, in fine, faire retomber dans la pauvreté une part substantielle de la population.
Comment en est-on arrivé là ?
La politique de l’enfant unique, instaurée en 1979, est souvent citée comme la principale cause de la faible natalité actuelle. Cependant, la baisse de la natalité avait déjà commencé quelques années plus tôt, sous l’effet d’une autre…
Auteur: Pauline Rossi, Professeur d’Economie, ENSAE ParisTech

