Le déni persistant du langage animal [1/6] : le syndrome Pépée

À travers une série de six articles portant sur des cas spécifiques et leurs développements, la question de la négation de toute possibilité d’utilisation de la langue par d’autres espèces, notamment d’espèces intelligentes dans le cadre d’une controverse plus grande sur leur captivité et leurs devenirs, sera abordée et analysée. Dans ce premier article, un paradoxe est exploré au niveau des “petits propriétaires” de corps non-humains. Pourquoi l’anarchiste Ferré n’a semble-t-il jamais appris à “son” singe, Pépée, un langage des signes pour exprimer ses désirs et émettre des demandes ? Cette curiosité nous permettra de pénétrer au sein d’un problème plus large dont les ramifications sont immenses et les conséquences encore très actuelles.

« T’avais les oreilles de Gainsbourg »… ainsi finit et commence l’étrange histoire d’un anarchiste va t’en guerre qui, à l’aube des événements de mai, adopte une guenon chimpanzé, “Pépée”, qui habitera avec lui six ans dans son vaste et solitaire château de Pechrigal (dit « Perdrigal ») dans le Lot. Cet anarchiste, c’est bien sur Léo Ferré, qui en dédie une chanson (“Pépée”, l’Été 68, 1969), pour ce singe qu’il “considérait comme sa fille”, et que sa femme de l’époque, Madeleine Ferré née Rabereau (ou un chasseur employé par elle, selon les versions) aurait achevé d’un coup de carabine et sans sommation. Deuil qu’il a porté longtemps et durement et au sujet duquel les responsabilités ne sont pas entièrement départagées ; Leo lui-même serait pour quelque chose dans l’abandon de cette étrange ménagerie de la dernière chance et dans leur triste fin.

Nul intérêt à ressasser ici une histoire déjà tant racontée, autant par Ferré lui-même, que par la fille de son ex-compagne, Annie Butor, qui décrit longuement les faits dans un livre, “Comment voulez-vous que j’oublie…” (Phébus, 2013)….

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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