Des familles de victimes de la police insultées par des députés en plein hémicycle
On décrit souvent les classes populaires comme étant «violentes» et «mal éduquées», alors que la vraie sauvagerie se trouve bien souvent au sein de la bourgeoisie, dans les salons feutrés, de la part de gens calmes et polis, habillés en costumes hors de prix.
Un exemple mardi 7 juillet, au cœur de l’Assemblée Nationale. Ce jour est à marquer d’une pierre noire dans l’histoire politique française : le gouvernement Macron a fait voter en procédure accélérée une loi du Front National : la «présomption de légitime défense», qui est un permis de tuer pour la police. Les 313 députés qui ont voté cette loi tranquillement, sur des bancs confortables, ont du sang sur les mains. Leur vote va directement provoquer la mort de nombreuses personnes, majoritairement noires et arabes issues des classes populaires. Ces députés exercent ainsi, en un seul vote, une plus grande violence que l’écrasante majorité des prisonniers de ce pays.
Pour ajouter le déshonneur à l’ignominie, ces élus ont aussi injurié des familles endeuillées. Car au moment du vote, des proches de personnes tuées par la police étaient présentes au balcon de l’Assemblée, pour crier leur désespoir. Il y avait notamment Issam, père de Souheil El Khalfaoui, éblouissant de courage et de dignité. Son fils a été abattu à l’âge de 19 ans par un policier lors d’un contrôle à Marseille. Il lutte pour obtenir justice depuis la perte de son enfant. Accompagné d’autres proches de victimes, notamment Assa Traoré, il a poussé un cri de douleur au moment du vote. Puis le slogan «Pas de justice, pas de paix».
Encerclé par des fonctionnaires de l’Assemblée, le groupe de proches de victimes a été repoussé et expulsé. Mais c’est sur les bancs de l’hémicycle que l’infamie a été la plus criante. Des grognards de la droite et de…
Auteur: B

