L’ESSENTIEL
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Les dessins produits par des enfants victimes d’abus sexuels contiendraient des indices graphiques spécifiques permettant de détecter ces violences.
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Les études solides sur le plan méthodologique ne valident pas cette hypothèse.
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Dessiner a néanmoins un intérêt : il aide les enfants à raconter des événements qu’ils ont vécus.
Un enfant qui dessine une personne avec le visage ombré, un autre qui représente des organes génitaux, un troisième qui ne dessine pas les mains de ses personnages… Tous ces partis pris graphiques pourraient être des indices d’un traumatisme sexuel impossible à verbaliser, mais que les enfants parviendraient à exprimer par le dessin.
Cette idée demeure largement partagée dans la pratique clinique, et beaucoup de psychologues accordent du crédit à ce type d’observations.
Mais une croyance, aussi répandue soit-elle, ne constitue pas une preuve. Or, les données produites par les études scientifiques les plus fiables méthodologiquement racontent une tout autre histoire. Explications.
Une idée fausse qui séduit encore beaucoup de psychologues
Pour comprendre comment l’idée que les dessins des enfants pourraient renseigner sur leurs traumatismes a émergé, il faut s’intéresser brièvement à l’histoire de la psychologie.
L’idée d’utiliser le dessin dans la pratique psychologique n’est pas récente. Par exemple, dans les années 1920, la psychologue américaine Florence Goodenough, a proposé une cotation en 52 points du dessin du bonhomme pour élaborer un test d’évaluation du développement de l’intelligence des enfants.
Après la Seconde Guerre mondiale, une autre psychologue américaine, Karen Machover, a considéré « le dessin de la personne » comme la projection de l’inconscient du dessinateur. Les caractéristiques graphiques (présence ou absence, dimension, position…) des éléments du dessin (yeux, nez, bouche, mains, etc.) deviennent…
Auteur: René Baldy, Professeur d’Université honoraire, Université Paul Valéry – Montpellier III
