Cimetières numériques, deadbots… Le développement des outils digitaux nous amène-t-il à requestionner notre rapport à la mort et au deuil, comme y invite le film « Les Linceuls », de David Cronenberg ?
Les Linceuls, le dernier film de David Cronenberg, met en scène le personnage de Karsh, à l’origine d’un système révolutionnaire de linceuls numériques permettant aux vivants de se connecter à leurs chers disparus et d’observer la décomposition du corps dans le cercueil. Cette œuvre dystopique nous renvoie-t-elle aux paniques morales liées à la mort et aux nouvelles technologies ?
Delphine Moreau-Plachy Imprimerie, télévision, radio… Chaque avancée technologique produit une panique morale. De plus, la mort est considérée, sous un angle anthropologique, comme irrationnelle et incompréhensible. Mêler la mort aux nouvelles technologies renverrait à une forme de dissonance, selon les retours des personnes que j’ai interrogées dans le cadre de ma thèse consacrée à l’expression du deuil sur les réseaux sociaux.
Dans la réalité, ces outils sont toutefois très hétérogènes. Il existe aujourd’hui des cimetières ou mémoriaux numériques qui fonctionnent comme des lieux de mémoire et de recueil d’informations. Émerge aussi une nouvelle forme d’art, comme l’exemple des mausolées numériques. L’actrice Isabelle Huppert…
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