C’est un classique de la vie politique israélienne : près de 24 heures après la clôture du scrutin, il était impossible mercredi de désigner un vainqueur, et moins encore un Premier ministre. Et il est probable que l’incertitude dure encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Mais, d’ores et déjà, les élections législatives du 27 octobre sont riches en enseignements. Le principal, le plus spectaculaire, est la percée des deux listes arabes qui pourraient obtenir 20 sièges (1). Les Palestiniens d’Israël se sont mobilisés massivement, rejoints sans doute de façon marginale mais significative par des juifs de gauche en quête d’une opposition radicale. Pour la première fois, les partis arabes disposeront à la Knesset d’une représentation conforme au poids démographique (21 % de la population) de leur communauté.
La plupart des Israéliens veulent rompre avec la fuite en avant guerrière, et les mensonges du Premier ministre.
Les chiffres cités ici sont encore provisoires, après 80 % de dépouillement.
L’autre enseignement, c’est la baisse sévère de la coalition de Benyamin Netanyahou (de 64 à 53 sièges) et l’érosion des mouvements de ses alliés d’extrême droite. Le Likoud reste cependant le premier parti devant Yashar !, le jeune parti du leader de l’opposition Gadi Eisenkot. Mais l’arithmétique et la politique ne font pas forcément bon ménage. Si on additionne les sièges (un calcul encore instable alors que le dépouillement n’est pas achevé), il est évident que l’opposition qui obtient 48 sièges obtiendrait une nette majorité en faisant alliance avec les partis arabes. Probablement 70 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Politiquement, c’est ce qu’il faut retenir de ce scrutin.
L’opposition à Netanyahou est très majoritaire, et la volonté de changement très forte. La plupart des Israéliens…
Auteur: Denis Sieffert
