Les humains, adultes et enfants, coopèrent naturellement dans de nombreux contextes. Par exemple, lorsqu’un enfant prête ses devoirs à un camarade pour l’aider, il peut s’attendre à ce que son camarade en fasse autant la fois d’après : c’est la réciprocité. Si cela ne se produit pas, il pourrait être tenté de changer de camarade pour la prochaine fois : c’est le choix du partenaire.
Ces deux mécanismes sont particulièrement importants chez l’humain pour stabiliser la coopération : d’une part, la réciprocité (ou « donnant-donnant ») fait que nous sommes plus enclins à coopérer avec les individus avec qui nous avons déjà réussi à coopérer par le passé et d’autre part, le choix du partenaire fait que nous changeons de partenaire lorsque la coopération avec l’un ne nous semble pas satisfaisante. Les humains coopèrent donc de façon stratégique, en adaptant leurs comportements en fonction de leurs coûts et des bénéfices qu’ils entraînent.
Les études des primates non-humains montrent que les singes ont aussi tendance à coopérer dans certains contextes. Par exemple, les chimpanzés chassent en groupe et partagent le fruit de la chasse entre eux. Cependant, il est difficile de savoir si les singes coopèrent de manière stratégique par la simple observation de leurs comportements et jusqu’à présent les expériences ne permettaient pas de fournir un contexte propice à l’émergence et au maintien de la coopération.
Quand les babouins coopèrent
En utilisant un nouveau dispositif expérimental permettant à des babouins de Guinée de participer librement à une tâche de coopération avec le partenaire de leur choix et sur de longues périodes, notre équipe du Laboratoire de Psychologie Cognitive (CNRS, Université Aix-Marseille) a montré, dans une expérience réalisée à la station de primatologie de Rousset du CNRS, que des babouins de Guinée sont capables de coopérer en utilisant des…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Anthony Formaux, Doctorant en cognition comparée, Aix-Marseille Université (AMU)

