Resserrement monétaire, statu quo ou assouplissement : le futur président de la Réserve fédérale états-unienne Kevin Warsh devra choisir entre ces trois politiques monétaires. Dans un contexte de crise géopolitique avec l’Iran et de hausse des prix énergétiques, ses décisions seront scrutées de près. Se montrera-t-il conciliant avec la volonté de Donald Trump de privilégier la croissance quitte à accroître l’inflation, ou sera-t-il le garant de l’indépendance de la banque centrale des États-Unis ?
Le 13 mai 2026, le Sénat a approuvé la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale. Le candidat choisi par Donald Trump fin janvier pour succéder à Jerome Powell – dont le mandat en tant que président s’est terminé le 15 mai 2026 – devrait donc diriger la prochaine réunion de politique monétaire prévue les 16 et 17 juin.
Dans un contexte marqué par un rebond de l’inflation et les pressions exercées par Donald Trump sur la conduite de la politique monétaire, les premiers pas de Kevin Warsh seront attentivement scrutés.
À court terme, il est probable que la Réserve fédérale maintiendra son taux directeur entre 3,5 et 3,75 %. Mais ensuite, va-t-elle augmenter ce taux pour lutter contre l’inflation ou ne pas le faire pour soutenir la croissance et, ainsi, satisfaire le locataire de la Maison-Blanche ?
Prudence de la Fed
Alors que l’inflation baissait progressivement depuis son pic de juin 2022, la forte augmentation des droits de douane imposés par les États-Unis sur les importations, puis l’envolée récente des prix de l’énergie ont conduit à une nouvelle accélération des prix. Selon le BLS (Bureau of Labor Statistics), l’inflation est passée de 2,4 % en février à 3,8 % en avril 2026. Dans le même temps, l’activité a ralenti en 2025, avec une croissance de 2,1 % en 2025 contre 2,8 % l’année précédente ; les créations d’emplois ont nettement baissé,…
Auteur: Christophe Blot, Directeur adjoint, Département Analyse et Prévision de l’Observatoire Français des Conjonctures (OFCE), Sciences Po

