Le fantasme d’un scénario à la grecque

Avant la censure de son gouvernement, l’ex-premier ministre Barnier, relayé par une armée d’éditorialistes, brandissait la menace d’un scénario à la grecque en cas de rejet de son budget d’austérité. La France n’est évidemment pas la Grèce, c’est un euphémisme. Son administration fiscale est autrement plus efficace.

Le PIB français (2 822 milliards d’euros en 2023) est 10 fois plus important que le PIB grec. Actuellement de 227 milliards d’euros, celui-ci n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2009 (338 milliards d’euros), tant les politiques préconisées par la troïka ont échoué à soutenir l’économie grecque et à réduire substantiellement son taux d’endettement, qui reste supérieur à 160 % du PIB.


Sur le même sujet : L’épouvantail de la dette publique (suite)

En 2010, la Grèce s’endettait sur les marchés à des taux supérieurs à 30 %. Les taux grecs sont désormais redescendus à 3 % car seulement 20 % de la dette grecque est levée sur le marché, le reste étant cantonné et rééchelonné. Pour sa part, au lendemain même de la censure, le taux français à dix ans était de 2,8 % (les taux américain et allemand étant respectivement de 4 % et 2 %). Pour une inflation de 1,7 %, le taux d’intérêt réel auquel s’endette la France est donc de 1,1 %, alors que son taux de croissance potentielle est de 1,4 %.

Dès lors que les taux d’intérêt réels restent inférieurs au taux de croissance de la richesse nationale, la dette n’a pas de raison de faire boule de neige.

Dès lors que les taux d’intérêt réels restent inférieurs au taux de croissance de la richesse nationale, la dette n’a pas de raison de faire boule de neige, sauf si la politique économique menée s’avérait inefficace,…

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Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

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