Blackout à Cannes : retour sur le parcours agité du festival de cinéma
«Nous revendiquons la responsabilité de l’attaque contre des installations électriques sur la Côte d’Azur», explique un communiqué signé par «deux bandes d’anarchistes» qui revendiquent le sabotage du «principal poste électrique alimentant l’agglomération de Cannes» et d’avoir «scié la ligne de 225 kV venant de Nice». «Cette action visait non seulement à perturber le festival, mais aussi à priver de courant tous les établissements industriels».
«Coupez !»
Samedi 24 mai, ce double sabotage a effectivement privé de courant la ville de Cannes au moment de plusieurs projections, lors de la journée de clôture du célèbre festival de cinéma. 160.000 foyers des Alpes-Maritimes et du Var ont aussi été touchés. Des témoins racontent que de nombreux habitants de la zone concernée, privés d’écrans, sont sortis dans les rues et ont échangé dans l’espace public.
«On n’est pas sur un plateau de tournage mais Coupez ! paraissait bien résumer notre envie : éteindre ce système mortifère» explique le communiqué qui détaille : «Coupez ! Votre spectacle qui sert de vitrine à une République française grandiloquente», «votre cérémonie obscène au bord d’une mer devenue cimetière de réfugié-es», «la promotion du monde de substitution que vous fabriquez, avec vos séries et vos films» ou encore «le courant de vos industries militaires-technologiques».
Un nouvel incendie a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche sur un transformateur électrique situé à Nice, affectant le réseau de tramway et l’aéroport de la ville. Ces sabotages ont évidemment provoqué leur lot de réactions scandalisées et de surenchère répressive. Pourtant, ils nous rappellent que le festival de Cannes, vitrine du cinéma français et de son industrie du Spectacle et du tourisme, n’est pas un événement extérieur aux soubresauts du monde, et il a…
Auteur: B

