Sous le régime autoritaire tunisien d’avant la révolution de 2011, l’organisation des manifestations culturelles n’échappait jamais au contrôle du pouvoir politique et ses institutions de tutelle. L’art et la culture étaient instrumentalisés pour promouvoir l’action politique du président déchu et de son parti. Comme nous l’avons montré dans nos travaux, la scène culturelle et artistique était alors caractérisée par l’absence de manifestations avant-gardistes ou encore subversives en privilégiant celles à forte teneur politique et patrimoniale : festivals dédiés aux patrimoines historiques, culinaires, religieux et aux chants patrimoniaux. Citons à titre d’exemples le festival international du Sahara organisé à Douz depuis 1967 et le festival international des Ksour sahariens né en 1979 à Tataouine dans le Sud tunisien.
Après la révolution, la vie culturelle du pays (du nord au sud) s’est ouverte à de nouveaux concepts à travers le foisonnement des festivals de musique électronique ou encore de théâtre avec le festival international de théâtre au Sahara. Innovants, ces festivals cherchent à cultiver une image contemporaine, engagée et plus branchée.
Les festivals de musique se multiplient
Les festivals de musique rencontrent en Tunisie, comme dans d’autres pays du Maghreb (Maroc, Algérie), une croissance assimilable à une festivalomanie qui touche autant les villes que les villages. Ces évènements, outre leur dimension artistique et culturelle, entretiennent un lien avec des territoires souvent fragiles et marginalisés. Ils participent à de nouvelles dynamiques sociétales et touristiques.
En février 2011, en plein couvre-feu décrété sur la capitale Tunis et sa région en raison de la situation sécuritaire incertaine après la chute de Ben Ali, le festival Under Couvre Feu a été précurseur. Cette manifestation défiait les interdits : 1200 personnes se sont retrouvées pour danser…
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Auteur: Nozha Smati, Enseignante chercheuse, Université de Lille

