En 2021, moins d’un an après le début de la pandémie de Covid-19, les laboratoires pharmaceutiques ont réussi à développer et mettre sur le marché plusieurs vaccins permettant de protéger la population. Il s’agit là de l’une des plus importantes prouesses de la médecine moderne, mais aussi une nouvelle preuve de l’impact du financement public (dans ce cas précis, les National Institutes of Health des États-Unis, ou NIH) sur l’innovation dans le secteur privé.
Nous savons depuis longtemps que le soutien public à la recherche universitaire a tendance à avoir un effet « boule de neige » sur la recherche et développement (R&D) dans les secteurs biotechnologique et pharmaceutique du privé. Une étude publiée en 2019 avait ainsi démontré que 10 millions de dollars de financement supplémentaire des NIH se traduisent par 2,7 nouveaux brevets déposés par des chercheurs du privé. Mais jusqu’à présent, il n’avait pas été clairement démontré que le financement public de la recherche avait des effets similaires sur la R&D privée dans d’autres secteurs.
Pour mettre en évidence l’existence de cet impact, nous avons analysé le programme « Laboratoires d’excellence » (ou LabEx) dans le cadre d’une étude menée avec les économistes Arthur Guillouzouic (Institut des politiques publiques), Emeric Henry (Sciences Po et Center for Economic and Policy Research) et Clément Malgouyres (Centre national de la recherche scientifique et Centre de recherche en économie et statistique). Ce programme d’investissement du gouvernement français a en effet attribué des milliards d’euros aux laboratoires universitaires depuis sa création en 2010.
Plusieurs canaux d’informations
Cette étude a démarré de manière inattendue, au sens où elle n’était pas initialement un projet de recherche. Nous avons en réalité été mandatés par le ministère français de l’Enseignement supérieur pour réaliser une…
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Auteur: Antonin Bergeaud, Professeur associé en économie et en sciences de la décision, HEC Paris Business School

