En 2017, en France, 23 millions de canards ont été élevés et gavés dans l’objectif de produire du foie gras. Si le chiffre est important, il faut toutefois noter qu’il est en très forte baisse. En effet, en 2015, ils étaient encore 37 millions dans les cages, soit un recul de 38 % en deux ans seulement, notamment à cause de la grippe aviaire. Alors que la question du bien-être animal est devenue légitime dans le débat public français, certaines méthodes sont particulièrement montrées du doigt, notamment le gavage industriel généralisé des oies et des canards. Est-ce pour cela que les français décident de bouder le foie gras ?
À l’approche des fêtes, les entreprises de l’agro-alimentaire redoublent de stratégies pour atteindre leur clientèle et les inciter à consommer toujours plus, surfant sur une image de « tradition » séduisante. C’est tout particulièrement le cas pour l’un des produits phares de Noël et du Jour de l’An, profondément ancré dans nos habitudes culinaires depuis des années : le foie gras. Mais c’est quoi le problème au juste ? Attention, des images et des propos peuvent heurter la sensibilité.
Un mode de production à la limite des textes européens
La Directive Européenne du 20 Juillet 1998 indique que dans le cadre de l’élevage, « les animaux reçoivent une alimentation saine, adaptée à leur âge et à leur espèce, et qui leur est fournie en quantité suffisante pour les maintenir en bonne santé et pour satisfaire leurs besoins nutritionnels. Aucun animal n’est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu’il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles ».
De plus, dans la recommandation européenne du 22 Juin 1999, à l’article 16, il est indiqué que « les méthodes d’alimentation et les additifs alimentaires qui sont source de lésions, d’angoisse ou de maladie pour les canards ou qui peuvent aboutir au développement de conditions physiques ou…
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Auteur: Victoria Berni

