On se souvient que le fond de l’air était rouge, en 1977, au moment du documentaire éponyme de Chris Marker. Mais d’un rouge teinté de stalinisme, ce qui nous protège de toute nostalgie. Que dire aujourd’hui ? Trump à la Maison Blanche, Milei à la Casa Rosada, Poutine au Kremlin, et un long cortège de racistes au pouvoir, à Budapest, à Rome, à Tel-Aviv, et d’autres dans une coalition, comme à Amsterdam, ou en embuscade, à Paris et à Berlin. Liste non exhaustive. Beaucoup d’entre eux étaient en conclave la semaine dernière à Madrid. Le fascisme est une maladie contagieuse. On le sait depuis l’avènement de Mussolini en 1922.
La vitesse avec laquelle la barbarie trumpiste gagne les esprits étonne.
Ce qui est nouveau, ces jours-ci, c’est que cette nébuleuse rance a trouvé en Donald Trump un guide suprême. À Madrid, ils ont été nombreux à dire leur admiration pour le promoteur immobilier new-yorkais et son homme de main, Elon Musk. Comme pour un galop d’essai, celui-ci a lancé ses geeks à l’assaut de l’USAID, l’agence pour l’aide humanitaire internationale, fondée par Kennedy en 1961. « Un nid de vipères marxistes », a commenté Trump. Virer des milliers de salariés sans autre forme de procès, détruire des services publics d’un claquement de doigts, abroger les règles sociales sans consultation du Congrès, c’est un vieux rêve de capitaliste. Le milliardaire Bernard Arnault est revenu de Washington enchanté. Et il s’est fait menaçant. Si la France ne se rapproche pas du modèle trumpien, il partira, lui, ses milliards et son industrie du luxe.
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On a beau n’avoir guère d’illusions, la vitesse avec laquelle la barbarie trumpiste gagne les esprits…
Auteur: Denis Sieffert

