« Qui paie l’addition?! », peut-on lire sur la banderole rouge écarlate du Front Uni de la Restauration, désormais bien connue des manifestations nantaises. La question se pose dans un secteur qui engrange en 2023 « plus de 120 milliards d’euros », selon l’étude annuelle du cabinet spécialisé Gira. Parallèlement, les conditions de travail restent toujours particulièrement difficiles avec des services en coupures, des horaires de nuit non majorées, et l’exposition permanente à de nombreux risques professionnels, tels accidents, maladies, violences… Le travail de nuit, les gestes répétitifs, les ports de charges lourdes, les heures à piétiner, les variations de températures de la chambre froide au service en terrasses en hiver, les brûlures quotidiennes, autant de facteurs qui favorisent les accidents du travail et les maladies professionnelles à long terme (tendinites, varices, perte d’audition…). Le recours aux produits stupéfiants, très répandu, devient parfois le seul moyen de supporter les conditions de travail, tout en assurant l’exigence de continuer de sourire malgré tout à la clientèle. Face à une convention collective en totale violation du Code du travail et une absence de représentation syndicale, les travailleur.ses du secteur des Hôtels Cafés Restaurants (HCR) décident de s’organiser.
Déjà, près d’une trentaine de travailleur.ses de la restauration, à Nantes et aux alentours, ont rejoint le tout jeune syndicat du FUR, Front Uni de la Restauration. Iels sont cuisinières, crêpier, employé.e polyvalent.e, barmaid, serveur.ses, et même alternant en boulangerie et ont créé ce Collectif autonome créé lors des luttes contre la réforme des retraites en 2023, il s’officialise en tant que syndicat en rejoignant la CGT en 2025. Ils luttent contre les semaines de cinquante heures, sans compter celles non déclarées, les heures de nuit et jours fériés non majorés, le travail en…
Auteur: Ana Pich

