Quelques semaines seulement après que les eurodéputés ont fortement réduit la portée de la loi européenne sur le devoir de vigilance, son équivalent français est activé contre un grand nom du secteur fruitier : la Compagnie fruitière, visée pour des atteintes présumées aux droits humains et à l’environnement commises par sa filiale camerounaise, les Plantations du Haut-Penja (PHP).
Quatre organisations, Transparency International, Transparency International Cameroun, ActionAid France et Intérêt à agir, ont adressé le 9 décembre une mise en demeure formelle à cette multinationale basée à Marseille.
Peu connue du grand public, la Compagnie fruitière, créée pendant la période coloniale, se présente aujourd’hui comme le leader européen de la distribution de fruits et le premier producteur en Afrique, avec des plantations au Cameroun, au Ghana et au Sénégal. Chaque année, elle produit et commercialise près de 900 000 tonnes de fruits et légumes, dont 775 000 tonnes de bananes, selon ses chiffres.
Depuis la fin des années 2000, sa filiale PHP, qui exploite près de 5 000 hectares de bananeraies dans l’ouest du Cameroun, à Njombe-Penja, et emploie environ 6 000 personnes, a été épinglée à plusieurs reprises par des médias et des organisations de la société civile pour ses pratiques sociales et environnementales problématiques.
Salaires insuffisants, exposition aux pesticides
Elle assure ces dernières années avoir engagé une politique ambitieuse, en s’associant notamment avec Banana Link, défenseur d’une filière banane équitable et durable, et avec le Cirad, organisme public français de recherche agronomique, tout en obtenant plusieurs certifications (Fairtrade, Rainforest Alliance, etc.).
Pourtant, les données récoltées par le collectif d’organisations à l’origine de la mise en demeure montrent que la situation sur le terrain demeure préoccupante. Les employés seraient toujours…
Auteur: Fanny Pigeaud

