Ils représentent l’équivalent de 600 piscines olympiques en volume d’eau et de 46 terrains de football en surface. Deux projets de mégabassines pourraient recouvrir la plaine céréalière de la Limagne, à l’est de Clermont-Ferrand. 36 exploitations agricoles réparties sur 15 communes et regroupées dans l’Association syndicale libre des Turlurons veulent ainsi irriguer 800 hectares.
Parmi ces exploitations figurent celles du président et de cinq administrateurs de Limagrain, coopérative agricole fondée en Auvergne en 1965. L’entreprise est devenue aujourd’hui le quatrième plus gros producteur de semences au monde, via sa filiale Vilmorin. « Les bassines sont une solution court-termiste », a reconnu le président de Limagrain lui-même, Sébastien Vidal, le 6 octobre dernier. Le projet avance malgré tout.
Les emplacements étaient initialement prévus à Saint-Georges-sur-Allier (sur 18 hectares) et à Bouzel (sur 14 hectares). Pour comparaison, la mégabassine en projet à Sainte-Soline couvre 10 hectares. Les études menées ont finalement validé un seul des deux sites. Celui envisagé à Saint-Georges-sur-Allier n’a pas été retenu en raison de la nature des sols. Les agriculteurs n’ont pas abandonné le projet, la recherche d’un nouveau site d’implantation va toutefois retarder l’instruction du dossier et le démarrage des travaux.
Quoi qu’il en soit, les porteurs de projet se savent appuyés par le gouvernement. Le 27 avril, le Premier ministre Gabriel Attal a réaffirmé sa volonté de faciliter la construction des retenues d’eau, en réduisant les délais de recours menés par les opposants.
« Modèle agricole non durable »
Le coût de ces infrastructures – bassines, pompes et canalisations – est estimé entre 18 et 20 millions d’euros, financées à 70 % environ par des fonds publics européens. La région Auvergne Rhône-Alpes a pour l’heure subventionné à hauteur de 115 000 euros la…
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Auteur: Sophie Chapelle

