La Voix de Hind Rajab, une adaptation dramatique bouleversante du meurtre au ralenti d’une fillette de cinq ans à Gaza par Israël, sortira dans les salles britanniques la semaine prochaine. Ne manquez pas l’occasion de le voir. La grande majorité des Américains n’ont pas eu cette chance lors de sa sortie le mois dernier.
Voici ce qui est arrivé au film aux États-Unis, selon le chroniqueur du New York Times M. Gessen :
La Voix de Hind Rajab a été présenté en avant-première au Festival du film de Venise en septembre et a remporté le Grand Prix du jury, la deuxième plus haute distinction. Quelques jours plus tard, il a été projeté au Festival international du film de Toronto, où il a été très bien accueilli.
De grandes sociétés de distribution américaines se sont manifestées. Mais ensuite, m’ont raconté les productrices Odessa Rae et Elizabeth Woodward, les sociétés se sont retirées les unes après les autres.
Finalement, Woodward, qui possède une petite société de distribution, a mis en place un système s’apparentant à l’auto-distribution. Le film sort mercredi à New York et Los Angeles. Ailleurs dans le monde, ce film, sélectionné pour l’Oscar du meilleur film étranger, bénéficie de distributeurs importants, mais pas aux États-Unis ni en Israël. C’est aussi une forme de coordination.
C’est peut-être la seule fois où vous entendrez le New York Times admettre l’existence d’un lobby israélien et son extraordinaire pouvoir d’influencer le paysage culturel et informationnel occidental.
Il est presque impossible de critiquer sérieusement l’État israélien, qui prétend (à tort) représenter le peuple juif, dans la culture dominante américaine, même lorsqu’il s’agit d’un film acclamé par la critique, soutenu par Brad Pitt et Joaquin Phoenix, qui a reçu une ovation debout record de 23 minutes au Festival du film de Venise.
Depuis des décennies, les groupes de pression pro-israéliens…
Auteur: Jonathan COOK

