Santé publique France (SPF) avait anticipé. La campagne de prévention liée aux fortes chaleurs était prête pour nous livrer ses conseils dès la mi-mai. Mais le gouvernement a empêché son lancement à temps en ne donnant son feu vert qu’après le début de la canicule.
Résultat : la campagne ne pourra, au mieux, être diffusée qu’à partir de la mi-juin, le temps de procéder aux achats d’espaces publicitaires sur les réseaux sociaux notamment, selon l’intersyndicale de l’établissement et le collectif Santé publique en danger. Soit « trop tard pour permettre une diffusion massive et bien orchestrée pendant cet épisode […] que connaît la France en cette fin du mois de mai » alors qu’elle aurait été « extrêmement utile en amont », selon un document interne à Santé publique France obtenu par Reporterre.
« Notre rôle est de prévenir les risques de santé publique et nous en sommes empêchés par le gouvernement »
« C’est pour le moins frustrant. Notre rôle est de prévenir les risques de santé publique et nous en sommes empêchés par le gouvernement, au détriment de la santé de la population française », déplore un membre du collectif et de l’intersyndicale. L’exécutif menace l’avenir de cette agence scientifique qui a montré son efficacité au cours de la crise sanitaire du Covid-19, comptabilisant les hospitalisations, le nombre de morts et diffusant les actions de sensibilisation.
Son rôle est de surveiller l’évolution des facteurs de tous les risques sanitaires pour alerter le ministère de la Santé, dont SPF dépend, en cas d’apparition d’un nouveau virus comme l’hantavirus ; de pic de grippe et de bronchiolite ; à propos de la dengue et du chikungunya ; ou encore de vagues de chaleur. Or le gouvernement entend verrouiller la communication scientifique et cela passe par un démantèlement de SPF : l’exécutif a annoncé en janvier 2026 souhaiter reprendre…
Auteur: Rozenn Le Saint

