On estime la population amérindienne de l’Amérique du nord à la fin du 15ème siècle, au moment où les premiers Européens posent le pied sur le continent, à plus de 12 millions d’habitants. Durant les deux siècles qui suivirent, plus des trois-quarts de ces populations ont été décimées par les maladies contre lesquelles elles étaient sans défense immunitaire mais aussi par les guerres incessantes qui les opposaient aux colons européens.
Au moment de l’indépendance des EU, en 1776, les colonies européennes implantées principalement à l’Est du continent nord-américain comptent 3 à 4 millions d’individus. Cette présence étrangère repousse les peuples autochtones vers les régions occidentales. Quelques années plus tard, les premiers pionniers traversent le fleuve Mississippi pour entamer le lent processus de conquête de l’Ouest. Commence alors un siècle durant lequel seront signés plus de 400 traités de paix entre les autorités de la jeune Amérique et les représentants des tribus indiennes, traités qui seront tous, sans exception, violés par les premières.
En 1864 a lieu le Massacre de Sand Creek qui est représentatif de l’attitude systématique des colons et des représentants du gouvernement des États-Unis lors d’épisodes similaires dans une volonté globale et consciente d’exterminer les peuples autochtones. Quelques années auparavant, en 1851, avait été signé le traité de Fort Laramie dans lequel les États-Unis reconnaissaient de larges portions du Wyoming, du Colorado, du Nebraska et du Kansas actuels, sur lesquels ils n’avaient d’ailleurs aucun droit, comme la propriété de tribus amérindiennes. Sept ans plus tard, en 1858, de l’or fut découvert au Colorado, déclenchant la ruée vers l’or de Pike’s Peak et la violation du traité de Fort Laramie par un grand nombre de colons européens qui s’installèrent illégalement sur les terres amérindiennes, provoquant de facto des confrontations. En 1861, désireux de préserver la paix malgré tout, les Cheyennes et les Arapahos dépêchèrent une représentation de chefs qui signèrent le traité de Fort Wise cédant aux États-Unis la plus grande partie de leurs terres. Ils se retrouvèrent alors avec moins d’un treizième des territoires que le traité de Fort Laramie leur avait consentis dix ans auparavant.
Parmi les chefs amérindiens qui signèrent ce traité, il y avait Nuée Noire, Antilope Blanche et Ours Maigre.
Trois ans plus tard, en 1864, les troupes du Colorado, sous le commandement du colonel de l’armée des EU…
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Auteur: Xiao PIGNOUF Le grand soir

