On savait déjà que la bourgeoisie radicalisée était en guerre sociale, mais les élèves ne pourront même plus l’étudier au lycée : elle a disparu du programme de SES
Les Sciences Économiques et Sociales (SES) forment une matière composite, au croisement de nombreuses disciplines des sciences sociales. Obligatoire en seconde générale, les élèves y découvrent l’économie, la sociologie et la science politique. Ils peuvent ensuite choisir de se spécialiser en SES lors d’un bac général.
L’objectif officiel des SES est de donner des outils pour comprendre le monde qui nous entoure. Mais les SES sont aussi un champ de bataille à l’école, car l’objectif du gouvernement, à travers cette matière, est de développer le goût d’entreprendre et vanter la méritocratie. Depuis des années, face aux attaques libérales de Sarkozy, Hollande puis Macron, le volet sociologie et science politique est réduit à des lieux communs et la pensée critique disparaît peu à peu des programmes.
Le programme de SES, mis en place depuis la réforme de Blanquer, a été co-construit avec les organisations patronales. Particulièrement actif, l’Institut de l’Entreprise bénéficie même d’un partenariat avec l’Éducation Nationale et ce lobby met en ligne le site “éducatif” Melchior, à l’orientation idéologique très libérale. Pas étonnant que le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) ait rejeté le programme de SES par un vote historique à l’unanimité en décembre 2018. Mais le CSE n’ayant qu’un rôle consultatif, le ministère de Blanquer n’avait quasiment rien modifié de son projet. C’est ce qui explique que les sujets de bac aient pris une tournure particulièrement libérale ces dernières années.
Un programme hypertechnique, très libéral, laissant peu de place à la pensée critique et très peu interdisciplinaire : les profs de SES en ont marre. Cette année, l’association des profs de SES (APSES)
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Auteur: B

