Même un épisode de chaleur « inédit, historique, exceptionnel », selon les mots de Météo-France, n’aura pas suffi à convaincre le gouvernement. Alors que la vague de chaleur de la fin du mois de mai a une nouvelle fois mis en lumière l’inadaptation des écoles, des logements, des villes et des élevages face au dérèglement climatique, cette impréparation n’est pas près d’être rattrapée.
À peine l’épisode terminé, lundi 1ᵉʳ juin, le gouvernement a annoncé six milliards d’euros de mesures d’économies face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui pèsent sur les finances publiques. Parmi les ministères concernés : la Justice, l’Intérieur, le Travail. Et comme d’habitude lorsqu’il faut faire des économies, l’écologie trinque aussi, avec 275 millions d’euros de crédits annulés ou gelés.
« Une fois de plus, la transition écologique sert de variable d’ajustement budgétaire »
Deux des principaux dispositifs destinés à adapter le pays au dérèglement climatique sont touchés : le Fonds vert et MaPrimeRénov’. Les autorisations d’engagement du Fonds vert — c’est-à-dire les dépenses maximales que l’État peut engager — sont réduites de 163 millions d’euros, soit 19 % du budget initial, auxquels s’ajoute le gel de 54 millions d’euros de crédits de paiement, d’après les calculs d’Éric Coquerel, président La France insoumise de la commission des finances à l’Assemblée nationale.
De son côté, MaPrimeRénov’ voit ses autorisations d’engagement fondre de presque 300 millions d’euros — soit une baisse de 16 % par rapport au montant initialement programmé — ainsi que le gel de 144 millions d’euros de crédits de paiement.
« Une fois de plus, la transition écologique sert de variable d’ajustement budgétaire », déplore Émeline Notari, responsable financements de la transition écologique au sein du Réseau Action Climat….
Auteur: Jeanne Cassard

