La «seule démocratie du Proche-Orient» est un régime fasciste qui n’hésite pas à purger, au sein de sa propre population, les rares voix qui s’élèvent contre la barbarie. Le gouvernement israélien veut retirer la nationalité des réalisateurs israéliens du film Naza.
Cette mesure est symboliquement lourde venant d’un État colonial qui a bâti son mythe sur le fait d’être une «terre d’accueil» de la diaspora juive : elle rendrait apatrides des personnes juives nées en Israël. C’est une mesure qui fut par exemple utilisée en France par le régime de Vichy, ou en Allemagne par le Troisième Reich, contre celles et ceux qui étaient considérés comme des «traîtres» ou ne correspondaient pas aux bons critères «ethno-nationaux».
«Naza», le titre du film, est l’acronyme de Nezek Agavi qui signifie «dommages collatéraux». Dans ce documentaire implacable, 24 militaires et membres des services de renseignement israéliens se livrent sur les crimes contre l’humanité auxquels ils ont participé à Gaza depuis 2023, et emploient pour certains le terme de «génocide». Pour la première fois, on entend des tortionnaires pris de remords, sur l’utilisation d’armes appuyées par Intelligence Artificielle pour massacrer des civils – nous connaissions l’utilisation du logiciel Lavender, qui génère automatiquement des centaines de cibles par jour pour pouvoir frapper massivement sans intervention humaine. Un soldat reconnaît que, lors de ces bombardements visant à éliminer un seul membre supposé du Hamas, jusqu’à 500 personnes étaient tuées en guise de «dommage collatéral». Un autre militaire avoue avoir ressenti du plaisir en ayant le sentiment d’être comme dans un jeu vidéo. Un officier parle de «tueries de masse à une échelle industrielle».
Dans ce film accablant, les crimes commis dans des lieux de distribution d’aide humanitaire et autres zones qui avaient été annoncées…
Auteur: B
