Photo Albert Facelly et Dominique Albertini

Le grand débat n’est que le grand blabla d’une oligarchie embastillée

Blue monday

Le grand débat national s’avère en réalité une petite opération de communication sur le dos des maires, dont certains ont déjà refusé de se prêter au jeu.

À peine commencé, le grand débat est déjà terminé. Chantal Jouanno a jeté l’éponge, devant le refus de l’Élysée de garantir un débat indépendant suivi d’effets, et aussi, un peu, devant la pression populaire sur son salaire à la tête de la Commission Nationale du Débat Public.

De séminaire gouvernemental en éléments de langage ineptes, du style « Le grand débat ne doit pas devenir le grand déballage », la majorité a décidé de foncer toujours plus vite dans le mur du refus de l’écoute et du rejet du dialogue.

La lettre aux Français d’un Président hors-jeu et hors-sol a fixé les termes d’un débat impossible où les lignes rouges de l’ISF et de la politique de privatisation libérale de l’Etat ne peuvent être franchies. Pire! La lettre d’Emmanuel Macron propose des thèmes chers à l’extrême droite sur l’accueil des réfugiés, l’immigration ou l’identité, qui ne sont en rien portés par les revendications des gilets jaunes.

Nous assistons donc, un peu goguenards et complètement désabusés, à la promotion d’un coup de communication politique bancal, organisé par le gouvernement, pour le gouvernement, pour les derniers soutiens du gouvernement, donc un débat totalement inutile.

Ce grand débat n’a qu’un objectif: remettre en scène le Président, qui fera un tour des régions, en présence des caméras et des militants triés sur le volet, pour montrer qu’il a compris le message des gilets jaunes, et qu’il est proche de son peuple désormais.

Ce même Président qui a décidé d’annuler les voeux aux corps intermédiaires, jugés « trop chronophages et inutiles », ce Président qui résume à une foule haineuse un mouvement profond de contestation sociale. Ce même Président qui écrit une bien trop longue lettre aux Français, comme s’ils voulaient éviter d’avoir à mal jouer son rôle, une fois encore, devant les caméras officielles de l’Élysée.

Le grand débat national s’avère en réalité une petite opération de communication sur le dos des maires, dont certains ont déjà refusé de se prêter au jeu, jugé sans doute trop chronophage et inutile, lui aussi.

Le débat est impossible, tout comme cette cocasse et triste « guerre des cagnottes » qui n’a pas pu avoir lieu à cause de la censure d’une plateforme de dons en ligne qui a interprété ses conditions d’utilisation pour complaire aux injonctions du gouvernement.

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