La semaine dernière, l’éditocrate et collaboratrice du Figaro (1) Eugénie Bastié, mobilisant les ressources d’une impressionnante créativité, a confectionné pour ce journal, qui l’a publié ce 17 mai, un article racontant, comme l’expliquait son chapeau introductif, qu’« à l’occasion de la crise en Nouvelle-Calédonie, on voit des personnalités habituellement vent debout contre les positions identitaires défendre le droit du peuple kanak à ne pas être minoritaire chez soi », et concluant – c’était son titre – que « la gauche » française est donc « contre le ‘grand remplacement’ des Kanaks ».
Ce journal, que l’État nantit de millions d’euros d’aides, appartient comme on sait au groupe Dassault, que l’État nantit de milliards d’euros d’aides.
On pourrait, bien sûr, et à défaut d’en rire (2), ignorer l’amalgame ainsi fait entre colonisation et immigration. Mais ce folklorique postulat (3) est intéressant pour ce qu’il montre des procédés par lesquels Le Figaro – où l’éditocrate d’extrême droite Éric Zemmour, adepte assumé de la fantasmagorie complotiste et raciste du « grand remplacement », émargeait avant de se lancer pour de bon en politique – banalise et normalise certains discours et certaines propagandes.
Car il est tout de même un peu trop incommodant pour stimuler la rigolade.
Dont la profondeur égale presque celle du récent rappel, par l’éditocrate Michel Onfray, à l’antenne d’une radio appartenant au très (très) droitier groupe Bolloré (où il a des ronds de serviette), que « dans…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Sébastien Fontenelle

