Neil Makaroff est le responsable Europe du Réseau Action Climat (RAC), le représentant français du Climate Action Network (CAN), une organisation internationale fédérant plus de 1 300 associations impliquées dans la lutte contre le changement climatique.
Neil Makaroff. Twitter Neil Makaroff
Reporterre — Quelle est l’importance de ce nouveau paquet législatif pour la stratégie climatique de l’Union européenne (UE) ?
Neil Makaroff — Ce paquet législatif est la mise en œuvre pratique du Green Deal [« Pacte vert »] européen. Jusqu’alors, il s’était arrêté à chercher des stratégies, des plans et des nouveaux objectifs, dont celui de baisse des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030. Ce paquet législatif vise à traduire secteur par secteur ces objectifs (désormais validés dans la loi Climat européenne). La Commission européenne ouvre ainsi tous les chantiers de la transition écologique, dont certains étaient jusqu’alors des angles morts de la politique climatique européenne, comme l’aviation ou le secteur maritime.
Quelles sont les mesures phares adoptées par l’UE dans ce nouveau paquet législatif ?
Ce paquet comporte beaucoup de mesures importantes, notamment celles pour une accélération du développement des énergies renouvelables. Le mix énergétique de l’Europe passerait d’environ 20 % d’énergie renouvelable aujourd’hui à plus de 40 % à l’horizon 2030. On sait que le potentiel des énergies renouvelables pourrait nous conduire à plus, mais c’est d’ores et déjà un pas intéressant. Il y a également un nouvel objectif d’efficacité énergétique, qui pourrait conduire les États à accélérer la rénovation du bâtiment : cet objectif est fixé à 36 % en 2030, contre 32 % auparavant. L’efficacité énergétique est clé pour la transition : près de 50 millions d’Européens vivent en situation de précarité énergétique. La Commission aurait pu proposer quelque chose d’un peu plus ambitieux, mais elle ouvre au moins ce chantier-là.
D’autres mesures sont assez importantes, comme la fin des véhicules essence et diesel d’ici 2035. C’était une vraie bataille politique. Un certain nombre de pays de l’Union, dont la France, ont mené une véritable fronde contre cette idée, préférant la date de 2040 afin de protéger les constructeurs automobiles. Globalement, la France a copié-collé la position des constructeurs français et l’a poussée à l’échelle européenne. La Commission a été assez courageuse….
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Auteur: Hortense Chauvin Reporterre

