« Le gros frein à la réparation des objets, c'est le manque d'offres »

Réparer, entretenir, chouchouter ses objets… Ces réflexes ont encore du mal à émerger. Dans le cadre des Journées nationales de la réparation, qui se déroulent du 18 au 20 octobre, nous avons demandé à Julie Madon, sociologue, quelles relations les Français entretenaient avec leurs appareils électroménagers, objets de décoration, vêtements, meubles…

Dans le cadre de sa thèse, cette chercheuse de Sciences Po s’est intéressée pendant près de cinq ans à la durée de vie des objets. Elle s’est immiscée dans le quotidien d’une soixantaine de personnes, a épluché les réponses à un questionnaire de 2 700 sympathisants de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), enquêté auprès d’environ 300 participants à des Repair Café. Elle relate ce travail dans Faire durer les objets, un ouvrage publié cette année.


Reporterre — Qui sont les « longéviteurs », comme vous nommez les personnes désireuses de faire durer leurs objets ? Quelles sont leurs motivations ?

Julie Madon — D’abord, il y a ceux qui habitent en milieu rural ou périurbain, qui ont souvent plus de compétences manuelles, un accès un peu moindre à la consommation et plus d’espace pour bricoler. Ils vont de fait garder davantage leurs objets et les entretenir. Viennent ensuite les ménages modestes. Le fait d’avoir un budget restreint reste un moteur très important. En faisant durer leurs équipements, ils cherchent d’abord à défendre leur pouvoir d’achat. Quand ils les renouvellent, c’est souvent parce qu’il y a une panne. Enfin, du côté des classes moyennes aisées, on retrouve des personnes dites « à fort capital culturel », qui sont souvent assez diplômées. Elles sont particulièrement sensibles à l’écologie et l’environnement, et adhèrent souvent à des valeurs autour de l’ascétisme, avec un mode de vie sobre.

Mais le discours qui consiste à dire « j’agis en faveur de l’environnement »

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Auteur: Fabienne Loiseau

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