Quiconque suit les derniers développements en matière de science du climat a sursauté en lisant les gros titres de la semaine dernière proclamant que « selon une étude, le Gulf Stream pourrait s’effondrer dès 2025 ». Cela faisait suite à une publication récente dans Nature Communications.
« Craignez le pire : l’effondrement du Gulf Stream pourrait provoquer un chaos mondial d’ici 2025 », annonçait aussi le New York Post. « Un système crucial de courants océaniques se dirige vers un effondrement qui affecterait tout le monde sur la planète », notait CNN aux États-Unis, repris par de très nombreux médias.
On ne peut qu’imaginer comment les personnes déjà frappées par l’écoanxiété ont intériorisé ces nouvelles apocalyptiques, au moment où les records de température sont pulvérisés dans le monde entier.
Cette récente rhétorique alarmiste est un cas d’école sur la manière dont il ne faut pas communiquer sur la science du climat. Ces titres ne contribuent en rien à sensibiliser le public, et encore moins à influencer les politiques publiques en faveur des solutions climatiques.
On voit le monde que l’on décrit
On le sait, l’écoanxiété est alimentée par les messages véhiculés par les médias sur la crise climatique imminente. Par conséquent, de nombreuses personnes se désintéressent de la situation et baissent tout simplement les bras, croyant que nous sommes tous voués à un destin funeste et qu’il n’y ait rien que l’on puisse y faire.
(AP Photo/Ty ONeil)
Ces messages sensationnalistes et alarmistes font partie de l’esprit collectif de notre époque, l’Anthropocène.
Ce n’est pas la première fois que de tels…
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Auteur: Andrew Weaver, Professor, School of Earth and Ocean Sciences, University of Victoria

