Les personnels sont enfermés dans des discours phagocytés par leurs statuts, de sorte que les réponses à ce problème sont stéréotypées. Le suivi du jeune Nicolas aurait été traité de la même manière par un quelconque autre proviseur et peu importe le lieu, puisque ce sont les statuts de chacun qui « parlent », et non des approches finement individualisées qui gouvernent l’action !
Si celles-ci étaient valorisées par la hiérarchie, alors la prise d’initiative et la prise de risque de tout responsable aurait permis de prononcer – dès les premiers symptômes – une courte mesure conservatoire à l’encontre des harceleurs présumés et même si ce choix s’avérait une fausse piste in fine.
Une mesure visible, donc un premier signal clair, aurait été adressée aux protagonistes et à leurs familles, plutôt que courriers et rencontres qui ne soient que les seuls marqueurs du processus.
Affiche officielle de lutte contre le harcèlement scolaire.
Ces cadres courent après les responsabilités mais en se gardant bien d’apparaître comme responsables d’une quelconque action, action qui ne serait pas dans le catalogue des réponses !
C’est le règne de la réponse timorée.Mais diriger, c’est choisir, s’engager et prendre des risques ; le statut et le salaire devraient en être les contreparties ! Ce n’est pas le cas manifestement.
Par ailleurs, ni dans son identité, ni dans ses formations, l’École française n’est capable de gérer les relations scolaires et plus généralement le savoir-être du vivre-ensemble. Face au malaise non traité qui conduit tout naturellement aux tragédies, les seules réponses sont un ministre qui se hausse du col, ou bien les affiches à slogan ou encore des campagnes moralisatrices qui jalonnent les semaines de cours, et qui polluent les quotidiens de tous. On se donne enfin bonne conscience en faisant intervenir telle ou telle association pour solde de tout compte.
Mais le harcèlement,…
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Auteur: Gilles DÉKA

