Paris, reportage
Dès 7 h 30, malgré le froid et la neige, une trentaine de personnes se sont retrouvées devant la Biocoop Place des Fêtes, à Paris, pour installer un piquet de grève, samedi 3 janvier. Au total, 16 des 20 salariés de l’équipe se sont mobilisés. « Ceux qui ne sont pas là sont trop précaires pour se joindre à nous », explique un employé, alors que les intérimaires et alternants s’affairent pour préparer l’ouverture du magasin. Mais celle-ci n’a finalement pas eu lieu.
En cause ? Des pratiques managériales jugées « toxiques, malveillantes et destructrices » de la part de la gestionnaire et propriétaire du magasin. « On a vu partir beaucoup d’employés ces dernières années à cause de ses propos déplacés », affirme Bastien, délégué du personnel.
Sollicitée sur place par Reporterre, la gérante a indiqué plus tard par SMS : « Des discussions sont en cours entre les représentants du personnel et moi en vue de trouver une issue rapide et constructive à la situation. » Interrogée sur les reproches qui lui sont adressés, elle n’a pas répondu à nos questions précisant qu’ « une discussion a lieu [dimanche], je me concentre là dessus pour l’instant ».
Arrivée il y a deux ans, Justine abonde : « Chaque magasin Biocoop fonctionne comme une franchise. Chaque patron fait sa propre politique au niveau social. Notre patronne est toute-puissante. Il y a des soucis de harcèlement moral au travail sur beaucoup de collègues, des violences verbales, des pressions psychologiques… »
Les salariés évoquent un climat de défiance généré par l’interdiction faite à son adjointe d’entretenir des relations amicales avec le personnel. Cette dernière aurait particulièrement été prise pour cible par la gérante, qui l’aurait menacée de la « griller » auprès d’autres magasins du réseau.
« Le harcèlement est presque un rite de passage, surtout pour les…
Auteur: Pablo Patarin

