Originaire d’Amérique, le haricot commun a rapidement conquis le monde. Cette légumineuse riche en protéines détient aujourd’hui de nombreux atouts pour une agriculture durable. Mais il est crucial de conserver la grande diversité des variétés qui existent.
L’un des contes populaires les plus célèbres, celui de Jacques et du haricot magique, raconte qu’un simple haricot sec dévoile un potentiel extraordinaire. Planté dans une terre fertile, il s’élève jusqu’au ciel, ouvrant la voie à un royaume d’abondance qui changera la vie de Jacques et celle de sa mère. Ce récit, profondément ancré dans l’imaginaire collectif, reflète une fascination universelle pour les graines et leur capacité à transformer le monde.
Au-delà de la magie du conte, les haricots possèdent des propriétés tout aussi précieuses dans la réalité. On peut par exemple penser à leur capacité à établir des symbioses bénéfiques avec des bactéries fixatrices d’azote, élément essentiel à la croissance des plantes. Une prouesse qui permet ainsi de réduire l’utilisation d’engrais azotés dans les champs où poussent des légumineuses comme le haricot, ou dans ceux qui ont cultivé des haricots précédemment. Mais il y a aussi leurs qualités nutritionnelles exceptionnelles, et l’étonnante multiplicité de formes et de couleurs des haricots. Avec des milliers de variétés adaptées à des climats, des sols et des usages divers, les haricots jouent un rôle central dans les systèmes agricoles durables. Cette diversité demeure un atout crucial à mobiliser à l’heure des défis climatiques, mais elle est aujourd’hui en péril.
De fait le haricot sec, comme les légumineuses en général ont longtemps été négligées et il souffre encore parfois d’une image peu valorisante, associée à la rusticité et à des habitudes alimentaires anciennes qui le mettent à l’honneur. Ainsi, il est à la base de nombreuses recettes…
Auteur: Maud Tenaillon, Directrice de Recherche CNRS, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

