« À qui appartient Anne Frank ? », demandait en 1997, dans le New Yorker, la romancière et critique Cynthia Ozick. Véritable texte de littérature de jeunesse, puisqu’écrit par une très jeune fille, le célèbre Journal fait en effet l’objet de nombre de réécritures, adaptations, voire de variations qui tirent vers la fiction, notamment pour un public d’enfants.
Au moment où nous commémorons le 80e anniversaire de la disparition d’Anne Frank, son Journal, témoignage absolu, reste un ouvrage fondamental pour aborder avec les jeunes générations ce que fut le quotidien des juifs d’abord discriminés, puis déportés et exterminés.
Anne Frank est, non seulement, l’autrice d’un témoignage poignant, mais aussi une jeune fille au sortir de l’enfance, et c’est une victime. Elle « incarne » donc, d’une certaine façon, la Shoah et est devenue une référence incontournable quand il s’agit de transmettre cet événement aux jeunes générations.
Rédigé entre juin 1942 et le 1er août 1944, quelques jours avant l’arrestation à Amsterdam de la famille Frank et des autres personnes réfugiées dans l’« annexe », ce texte paraît dans une première édition, en juin 1947, sous la direction d’Otto Frank, le père d’Anne. Le succès est immédiat : rapidement, le texte est traduit dans environ 70 langues et donne lieu à des adaptations théâtrales et cinématographiques.
En 1991, une nouvelle édition critique du Journal, c’est-à-dire, sans les coupures effectuées par Otto Frank, dirigée par Mirjam Pressler, paraît. Depuis, ce texte a donné lieu à de nombreuses rééditions et, en 2017, les éditions Calmann-Lévy, propriétaires des droits pour la France, ont fait paraître un volume intitulé l’Intégrale, qui constitue désormais un ouvrage de référence sur Anne Frank et son Journal.
Véritable texte…
Auteur: Béatrice Finet, Maîtresse de conférences en Sciences de l’éducation et de la formation INSPE- CAREF UR UPJV 4697, Université de Picardie Jules Verne (UPJV)

