Pour commencer en balayant devant notre porte, la Belgique. Il est aujourd’hui prouvé et documenté que la Belgique est totalement impliquée dans l’assassinat de Patrice Lumumba (oui, il faut toujours « prouver » et « documenter » car généralement le sale boulot est exécuté par des mercenaires locaux, et cela prend toujours un temps fou). En 1961, il était impensable qu’un dirigeant africain, non formé à l’école occidentale, refuse d’obéir et dise tout haut ce que son peuple pense tout bas, et cela face à sa majesté le roi des Belges. Une telle arrogance menaçait des intérêts économiques énormes et prouvait qu’un Africain pouvait gouverner sans la tutelle des colonisateurs. Permettre cela dans un des pays du monde recelant le plus de ressources naturelles indispensables au développement des multinationales occidentales était proprement intolérable.
L’élimination d’un dirigeant nationaliste démocratiquement élu ouvre la porte à la mise en place d’un dictateur, généralement le mercenaire assassin, formé par l’Occident et à sa botte. Mobutu succède ainsi à Lumumba, avec une dictature qui durera trente-deux ans. Mobutu, c’est la garantie que le cuivre, le cobalt ou l’uranium resteront à la disposition des entreprises belges, que les flux financiers seront dirigés par les banques belges, même s’il faut arroser au passage l’assassin promu dictateur.
L’assassinat de Lumumba est un message violent envoyé à toute l’Afrique et bien au-delà : voyez ce qu’il vous arrivera si vous revendiquez une décolonisation authentique. Le silence assourdissant des sociétés occidentales est un message envoyé aux colonisateurs : tuez, éliminez, organisez des coups d’État, il ne vous en coûtera rien.
Et la liste est longue. Deux ans plus tard, en 1963, Sylvanius Olympio, premier président du Togo indépendant, est assassiné lors d’un coup d’État et remplacé par Gnassingbé Eyadéma, qui se…
Auteur: Nadine ROSA-ROSSO

