La pollution plastique provenant des déchets d’emballage, on connaît. Celle issue du lavage de nos vêtements aussi. Mais ce qu’on sait moins, c’est que les microplastiques dispersés dans l’environnement proviennent d’abord… des pneus de nos voitures. Freinages et frottements avec le bitume provoquent l’abrasion de la gomme. Le 12 janvier, France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie a lancé l’alerte en publiant les résultats d’analyses réalisées dans le lac d’Annecy, en Haute-Savoie, réputé comme « le plus pur d’Europe ».
Cette enquête, menée par des journalistes de France 5 dans le cadre d’un documentaire qui sera diffusé dans quelques semaines, révèle que plusieurs microparticules toxiques issues des pneus polluent le lac d’Annecy. Et cette contamination locale est sans doute la goutte d’eau qui cache un océan, les auteurs de l’étude parlant de « polluants omniprésents ». « On trouverait sans doute le même genre de résultats dans tous les territoires qui sont soumis à l’influence du trafic routier », estime Anne Lassman-Trappier, référente mobilité et qualité de l’air à FNE. Rien qu’en France, 50 000 tonnes de microparticules de pneus seraient relâchées chaque année dans l’environnement.
Les mêmes teneurs observées en Chine
Les conclusions de l’étude d’Annecy s’avèrent pour le moins préoccupantes. De la diphénylguanidine (DPG), une molécule utilisée dans la fabrication du pneu, a été retrouvée dans tous les échantillons d’eau et de sédiments puisés dans le lac, notamment dans les eaux de ruissellement des routes, les sédiments proches de la route ou après un épisode de pluie. « Un échantillon présente même des teneurs de DPG 30 % supérieur à la teneur maximale observée en Europe », observe FNE Haute-Savoie, qui rappelle que le lac d’Annecy est bordé de 40 km de routes.
La DPG est classée toxique pour la reproduction et…
Auteur: Fabienne Loiseau

