À 14 h 30, ce mercredi 8 avril, le Liban a tremblé. Son sol a vacillé sous la puissance des frappes aériennes israéliennes. Une centaine en dix minutes. À l’est, au sud du pays et dans plusieurs quartiers résidentiels de Beyrouth, les Libanais ont vacillé tous ensemble comme un seul corps. Encore une fois. Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, lui, n’a pas tremblé. Dans un communiqué, il a salué le succès de cette opération visant « une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires » du Hezbollah.
Mais des décombres des immeubles pulvérisés en quelques secondes, la sécurité civile a surtout sorti des corps d’enfants et de femmes. Des familles entières parfois, anéanties sans avoir eu la moindre chance de fuir. Des civils fauchés par une guerre venue du ciel. Il n’y pas eu d’avertissements ; pas de cartes pour désigner en rouge les zones à évacuer ; pas de tracts lancés depuis des drones pour avertir les populations. Selon le dernier bilan de ce mercredi noir, au moins 254 personnes ont été tuées, et plus d’un millier d’autres blessées. Un massacre.
Le défilé des sacs mortuaires noirs, les cadavres extraits des blocs de béton, les proches des victimes qui s’effondrent de chagrin et la terreur dans les yeux : tout cela a été filmé, raconté par les journalistes libanais et étrangers. Contrairement à la bande de Gaza, le Liban ne subit pas un blocus médiatique. Mais, cela n’a pas suffi à déclencher une indignation massive de la communauté internationale.Le lendemain, le jeudi 9 avril, invité de la matinale de France Inter, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, parle « d’attaques intolérables » que la France condamne « fermement ».
Mais il ne répond jamais à la question sur l’impuissance de Paris et de toute l’Europe face au Premier ministre israélien, Benyamin…
Auteur: Céline Martelet

