Les destructions ne sont pas seules en cause. Dans une alerte consacrée au Liban, le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) établit un lien entre l’ampleur des opérations militaires israéliennes et les déclarations de responsables politiques susceptibles, selon ses experts, de déshumaniser une partie de la population libanaise ou de légitimer des punitions collectives.
Saisi dans le cadre de sa procédure d’alerte précoce et d’action urgente, le comité se dit préoccupé, dans un communiqué publié mercredi, par l’aggravation de la situation humanitaire depuis le 2 mars 2026. Plus de 4 300 personnes auraient été tuées et au moins 12 200 blessées au cours des opérations israéliennes menées dans des zones densément peuplées.
Les experts indépendants pointent les frappes aériennes, les bombardements et l’emploi d’armes explosives dans ces secteurs. Dans le sud du pays, des villages auraient été vidés de leurs habitants et rendus inhabitables par la destruction de logements, d’écoles, de structures médicales, de réseaux d’eau et d’électricité, de lieux de culte et de terres agricoles.
Des habitants chiites qualifiés d’« ennemis »
Le CERD se dit surtout « profondément alarmé » par des déclarations publiques de responsables israéliens évoquant la possibilité d’infliger au Liban « le même niveau de destruction que celui infligé à Gaza ».
Le comité cite également les propos du ministre israélien de la défense désignant comme « ennemis » les habitants chiites de 24 villages du sud du Liban. Il demande à Israël de renoncer à toute rhétorique susceptible de déshumaniser la population libanaise, de légitimer des punitions collectives ou d’encourager des violences fondées notamment sur l’origine, l’ascendance ou la religion.
Pour les experts, les impératifs invoqués dans le cadre d’un conflit armé ne sauraient soustraire les belligérants…
Auteur: Nations Unies FR
