Vrombissements incessants de drones israéliens, avions militaires virevoltant dans le ciel, impacts sourds, sirènes d’ambulances hurlantes : à Beyrouth, ville d’ordinaire vibrante et bouillonnante, la guerre s’est invitée sans crier gare, avec ses sons terrifiants et omniprésents. Une cacophonie lancinante qui renvoie sa population à des plaies non cicatrisées et à des traumatismes jamais totalement guéris dans ce petit pays à l’histoire récente tourmentée. Jusqu’alors relativement préservée des frappes israéliennes, la capitale libanaise a, depuis quelques jours, été rattrapée par les bombardements qui secouent le Sud-Liban et la plaine de la Bekaa, où le peuple peine à compter ses morts.
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Si, dans les premiers mois d’affrontements après l’ouverture d’un front de soutien au Hamas par le Hezbollah libanais, au lendemain du 7 octobre, les victimes étaient majoritairement des combattants appartenant à la formation chiite, elles se comptent désormais en grande partie parmi les civils. Et la politique de la terre brûlée menée par l’armée israélienne au pays du Cèdre rappelle un autre scénario, si proche, mais qui paraissait jusqu’ici si lointain : celui en cours à Gaza, où des milliers de personnes périssent sous les bombes israéliennes sans que la communauté internationale ne semble en mesure d’y opposer de résistance.
« Un nouveau Gaza »
C’est une idée qui fait consensus au Liban : au prétexte d’assurer sa propre sécurité et de mener une « guerre contre le terrorisme », l’État hébreu a choisi la voie de l’escalade, renvoyant les centaines de victimes civiles mortes au Liban à leur responsabilité, les considérant coupables…
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Auteur: Laurent Perpigna Iban

