Vu la période de l’année, on pourrait croire à un poisson d’avril. Il n’en est rien. Ce sont bien les défenseurs de l’avion, moyen de transport au lourd impact climatique, qui remportent une victoire contre une publicité sur les mérites écologiques du train.
En cause : une annonce de la SNCF parue dans la presse en fin d’année 2024. Présentant une photo d’un TGV Inoui sur un large fond vert, elle vante : « Voyagez plus vite en polluant moins : -95 % de CO2 en moyenne en France et vers l’Europe ». Le slogan n’a pas plu à la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam), qui regroupe la quasi-totalité du secteur aérien (compagnies aériennes, gestionnaires d’aéroports, prestataires…). Elle a saisi le Jury de déontologie publicitaire (JDP) qui a tranché en sa faveur, selon une décision mise en ligne le 25 mars et repérée par Reporterre.
Les décisions de cette instance, indépendante mais mise en place par les professionnels de la pub, sont de portée essentiellement symbolique. Mais l’épisode n’en est pas moins embarrassant pour la compagnie ferroviaire. Contactée par Reporterre, elle n’a pas souhaité réagir.
La SNCF aurait dû « relativiser son propos »
La SNCF communique abondamment, jusque dans les annonces sonores à bord des TGV, sur la supériorité environnementale du train par rapport aux autres modes de transport. Si cet avantage est indiscutable, la compagnie paye, dans ce cas précis, un slogan un peu rapide. « Il n’est pas contesté que l’impact carbone des trajets en TGV est en moyenne moindre par rapport aux trajets en voiture ou en avion », prend soin de préciser le JDP dans son avis. Mais il ajoute : « Le fait d’appuyer cette affirmation générale sur un chiffre précis (-95 %) est de nature à lui conférer une assise quasi-scientifique et indiscutable. »
Pour le jury, la SNCF…
Auteur: Benjamin Douriez

