La crise du logement est un défi mondial : près de 1,6 milliard de personnes vivent dans des conditions précaires ou inadéquates. Et ce nombre pourrait même doubler d’ici 2030, selon l’UN Habitat.
Le Canada n’est pas épargné. Amplifiée par la pandémie de Covid-19, la demande de logements y surpasse largement l’offre. D’ici 2030, 3,5 millions de logements supplémentaires seront nécessaires. Et pour y faire face, les initiatives gouvernementales se multiplient.
En tant que professeur en études urbaines à l’Université du Québec à Montréal, je m’intéresse à la manière dont les villes canadiennes contribuent aux 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, notamment le 11e, qui vise à rendre les villes inclusives, sûres, résilientes et durables.
Les gouvernements se mobilisent
En septembre 2023, le gouvernement du Canada a annoncé une exonération de la TPS pour la construction de nouveaux immeubles locatifs, dans l’optique d’alléger les coûts pour les constructeurs. Cette initiative s’ajoute à celles de la Stratégie nationale sur le logement lancée en 2018, un plan de 82 milliards de dollars étalé jusqu’en 2028. Ce plan englobe des subventions pour de nouveaux logements abordables, la rénovation, le soutien au logement communautaire et la promotion de la recherche en matière de logement.
Les gouvernements provinciaux et municipaux sont également à pied d’œuvre. Par exemple, l’Ontario multiplie les soutiens financiers aux projets immobiliers. Le Québec propose, entre autres, une Allocation-Logement aux ménages les moins aisés. Et la Colombie-Britannique a instauré la Housing Supply Act, adoptée en 2022, visant à mieux cibler les besoins en logement en collaboration avec les municipalités.
Plusieurs villes, comme Toronto, Vancouver, Montréal et Québec, adoptent des stratégies pour augmenter la densité et favoriser la construction de logements sociaux et…
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Auteur: Juste Rajaonson, Professeur en études urbaines, Université du Québec à Montréal (UQAM)

