Le rôle du ministère du Logement couvre plusieurs domaines liés à l’accès à un toit, à la rénovation des bâtiments, à l’aménagement du territoire ainsi qu’à la lutte contre l’habitat indigne. Ainsi, il veillerait non seulement à rendre nos intérieurs plus habitables (par exemple moins énergivores), mais aussi à faciliter l’accès au logement et à mettre au point des programmes de lutte contre les habitations insalubres.
L’ancien ministre du Logement, Guillaume Kasbarian, a assumé dans une publication sur X un « record d’expulsions » avec, en 2024, près de 25 000 ménages expulsés, soit 29 % de plus en un an et 223 % de plus qu’il y a vingt ans. Alors, on imagine telle famille avec enfants qui se retrouve à la rue, telle personne âgée vivant seule et ne sachant où aller, ou tel étudiant dont les parents ne peuvent pas — ou ne veulent pas — financer les études et qui se demande désormais où dormir. L’accès au logement devient absence de protection, revendiquée et exhibée, comme si la seule loi de l’humanité était comptable.
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Je ne reproche pas l’application d’une loi — après tout, notre société est structurée par la propriété, et les propriétaires veulent récupérer leur loyer ; de même, le renforcement de la lutte contre les squatteurs est important. Mais comment un ministre peut-il ne pas donner de signes en faveur d’une politique du logement pour celles et ceux qui traversent des vulnérabilités, des accidents de vie ou font face à un marché devenu pour eux inaccessible ?
Pourquoi, dans ces conditions, ne pas promouvoir de nouvelles formes d’habitat collectif, adaptées aux besoins et situations ?
Le…
Auteur: Fabienne Brugère

